Démarchage téléphonique : adapter sa prospection au consentement en 2026
Depuis le 11 août 2026, la prospection téléphonique B2C change. Voici une méthode simple pour adapter formulaires, CRM et scripts d’appel.

Depuis le 11 août 2026, un professionnel ne peut plus démarcher un consommateur par téléphone sans son consentement préalable, sauf lorsque l’appel intervient dans le cadre de l’exécution d’un contrat en cours (DGCCRF 05/08/2026). Pour une TPE ou une PME qui prospecte des particuliers, le sujet ne se résume donc plus à nettoyer une liste : il faut pouvoir relier chaque appel à une autorisation exploitable.
La bonne réponse n’est pas d’ajouter un outil isolé. Elle consiste à clarifier le parcours de collecte, conserver une preuve compréhensible, synchroniser le CRM et donner une règle simple à l’équipe commerciale. Voici une méthode concrète pour y parvenir.
Sommaire
1. Ce qui change depuis le 11 août 2026
Le principe est désormais celui de l’accord préalable du consommateur. L’ancien mécanisme d’opposition Bloctel a pris fin avec l’entrée en vigueur de ce nouveau régime (DGCCRF 05/08/2026). Le code de la consommation prévoit aussi que le professionnel qui recueille le numéro d’un consommateur l’informe que la prospection téléphonique suppose son consentement préalable, hors appel lié à l’exécution d’un contrat en cours (Légifrance 24/08/2026).
Une exception existe pour la prospection en vue de fournir des journaux, périodiques ou magazines (Légifrance 24/08/2026). Certaines activités font par ailleurs l’objet d’interdictions sectorielles : la DGCCRF cite notamment le CPF, la rénovation énergétique et l’adaptation des logements à la perte d’autonomie (DGCCRF 05/08/2026).
La question à trancher avant chaque campagne
Pouvez-vous retrouver la source, la portée et l’état actuel du consentement associé à chaque numéro appelé ? Si la réponse est non, mettez la fiche en attente plutôt que de supposer l’accord.
2. Construire un consentement exploitable
Un consentement valable doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. Une case précochée, un consentement groupé pour plusieurs finalités ou l’absence de réponse ne constituent pas une expression univoque (CNIL 10/06/2026).
La personne doit notamment connaître l’identité du responsable du traitement, la finalité poursuivie, les catégories de données collectées et l’existence de son droit de retrait avant de consentir (CNIL 10/06/2026). Le retrait doit rester possible à tout moment par une modalité simple ; le responsable du traitement doit aussi pouvoir démontrer que le consentement a été donné dans des conditions valides (CNIL 10/06/2026).
La DGCCRF indique que la preuve du consentement à la prospection téléphonique doit être conservée pendant trois ans et communiquée au consommateur sur demande (DGCCRF 05/08/2026). Votre système doit donc garder davantage qu’un simple champ « oui/non ».
Les éléments pratiques à conserver
- l’identité ou l’identifiant du contact ;
- le numéro concerné ;
- la date et le canal de collecte ;
- le texte présenté au moment du choix ;
- l’action positive réalisée ;
- la finalité acceptée ;
- la date d’un éventuel retrait ;
- la provenance des données si un partenaire est impliqué.
Cette liste est une recommandation d’organisation. Faites valider votre dispositif par votre conseil lorsque votre parcours ou vos partenariats présentent une situation particulière.
3. Adapter le CRM et les formulaires sans créer une usine à gaz
Lorsque des données sont transmises à des partenaires pour leur prospection, la CNIL recommande que les personnes puissent identifier les partenaires concernés et les finalités prévues. Une liste exhaustive et à jour doit être accessible au moment du recueil du consentement (CNIL 10/06/2026).
Dans le CRM, séparez au minimum le statut commercial du statut de consentement. Un prospect peut être intéressant sans être appelable. Utilisez par exemple les états « valide », « retiré », « à vérifier » et « non recueilli », avec une règle bloquante pour les trois derniers.
Si vos informations sont déjà dispersées entre formulaires, tableurs et messageries, commencez par centraliser la relation client sans usine à gaz. Une politique simple de conservation des données complète ensuite le dispositif en évitant de garder des preuves et coordonnées sans règle.
Un formulaire plus clair
Présentez le choix séparément des conditions générales, sans case précochée. Expliquez qui appellera, dans quel but et comment retirer l’accord. Ne cherchez pas une formule universelle : le texte doit refléter le parcours réel et les acteurs réellement impliqués.
4. Un plan d’action en cinq étapes
Étape 1 : cartographier
Listez les formulaires, achats de fichiers, partenaires, imports et saisies manuelles qui alimentent vos campagnes téléphoniques.
Étape 2 : suspendre les fiches incertaines
Créez une file « à vérifier ». Ne transformez pas automatiquement un ancien opt-out en consentement.
Étape 3 : normaliser la preuve
Définissez les champs obligatoires et un emplacement unique pour la version du texte accepté. Évitez les commentaires libres impossibles à contrôler.
Étape 4 : bloquer l’appel à la source
Filtrez les listes et, si possible, empêchez l’action d’appel lorsque le statut n’est pas valide. Une automatisation ciblée peut synchroniser le retrait entre le formulaire, le CRM et l’outil d’appel.
Étape 5 : tester et former
Simulez un consentement, un appel puis un retrait. Vérifiez que le retrait bloque les campagnes suivantes et apprenez à l’équipe à enregistrer immédiatement toute opposition.
Si le processus traverse trop d’outils, un audit de simplification numérique aide à retirer les doubles saisies avant d’automatiser.
Les erreurs à éviter
- Conserver uniquement une date. Sans le contexte de collecte, elle explique mal ce qui a été accepté.
- Confondre client et consentement. L’exception concerne l’appel lié à l’exécution d’un contrat en cours, pas toute sollicitation adressée à un ancien client (Légifrance 24/08/2026).
- Laisser le retrait dans une boîte mail. Il doit alimenter rapidement le statut utilisé par les campagnes.
- Importer un fichier partenaire sans preuve. Vérifiez la provenance et les conditions de collecte avant utilisation.
- Ajouter une case sans revoir le processus. Le formulaire, le CRM, le script et l’outil d’appel doivent appliquer la même règle.
5. FAQ : démarchage téléphonique et consentement
Depuis quand le consentement préalable est-il requis ?
Le nouveau régime s’applique depuis le 11 août 2026 à la prospection téléphonique des consommateurs, sous réserve des exceptions prévues (DGCCRF 05/08/2026).
Peut-on appeler un client existant ?
L’appel sans consentement préalable peut intervenir lorsqu’il concerne l’exécution d’un contrat en cours. Il faut donc qualifier l’objet concret de l’appel, et pas seulement le statut « client » de la fiche (Légifrance 24/08/2026).
Une case précochée suffit-elle ?
Non. La CNIL rappelle qu’une case précochée ne constitue pas un consentement univoque (CNIL 10/06/2026).
Combien de temps conserver la preuve ?
La DGCCRF indique une durée de trois ans pour la preuve du consentement à la prospection téléphonique (DGCCRF 05/08/2026).
Conclusion : transformer une contrainte en règle commerciale claire
La conformité devient gérable lorsqu’une règle unique relie le formulaire, la preuve, le CRM et l’action d’appel. Commencez par isoler les fiches incertaines, fiabilisez un seul parcours de collecte, puis automatisez le retrait avant d’étendre le dispositif.
Pour cadrer vos sources de données et simplifier votre prospection, découvrez l’audit Mitizy ou contactez Mitizy pour définir une première étape réaliste.